Disparition
Le philosophe italien Toni Negri est mort
Toni Negri en 2018. © Franck Ferville
Le philosophe italien Toni Negri est mort dans la nuit du 15 au 16 décembre, à son domicile parisien. Antonio Negri, de son vrai nom, avait 90 ans. Né le 1er août 1933 dans l’Italie mussolinienne, d’un père communiste disparu à la suite de violences infligées par une brigade fasciste, Toni Negri a eu une vie et une pensée profondément marquées par l’engagement.
Homme d’une grande exigence intellectuelle – il a notamment traduit Hegel – Toni Negri fut l’une des figures d’un mouvement d'extrême gauche qui entendait apporter la critique marxiste dans les usines et sur le terrain, l’opéraïsme. Il a également publié un essai majeur sur Spinoza, L’Anomalie sauvage (1982). Ne cessant jamais d’étudier, de lire de la philosophie et des sciences sociales dans toutes les langues, il avait développé plus récemment, avec l’Américain Michael Hardt, des ouvrages proposant une théorie politique ambitieuse du capitalisme globalisé. Ces cycles de travaux ont eu une audience internationale, notamment Empire (2000) et Multitude (2004).
➤ À lire aussi : Toni Negri, une vie de subversion
Nous avions publié un entretien substantiel avec celui que tout le monde appelait amicalement « Toni » dès notre deuxième numéro, en 2006, et le philosophe nous a accompagnés tout au long de l’existence du magazine. Nous gardons le souvenir non seulement d’un grand intellectuel, mais aussi d’un homme chaleureux, simple, drôle et direct.
➤ Découvrir quatre entretiens avec Toni Negri :
- Mai 2006 : « Le pouvoir peut toujours être cassé quelque part »
- Septembre 2012 : « Chacun vit le paradoxe d’être à la fois exploitant et exploité »
- Novembre 2014 : « Dans mon enfance, sous Mussolini, on parlait sans cesse de l’Empire d’Abyssinie »
- Juillet 2018 : « La lutte des classes n’est pas une promenade de santé »