Économie/Biens communs
Le prix de l’eau ne coule pas de source
© Fred Scheiber/SIPA
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Cet article est issu du numéro 179 de Philosophie magazine « Sexe. Où est-ce que ça coince ? », en kiosque le 25 avril 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’eau n’est pas une ressource illimitée. Aussi l’idée d’avoir une tarification appropriée fait son chemin sans pour autant faire l’unanimité.
Serez-vous bientôt à sec pour avoir voulu boire en été ? À Toulouse, la municipalité vient de décider d’une nouvelle tarification de l’eau : elle coûtera plus cher en été et moins en hiver. À première vue, le principe est logique. En été, l’eau se raréfie ; chaque année, le bas niveau de la Garonne, seule source d’eau potable de la ville, inquiète. La mesure divise pourtant l’opinion. Pourquoi ?
D’abord, parce que nous avons du mal à accepter que l’eau soit payante. Contrairement au gaz ou à l’électricité, l’eau est perçue comme un don de la nature – et non pas comme une ressource extraite du sol ou d’une centrale à l’aide de techniques sophistiquées. Nous nous plaisons à la croire fraîche, claire, printanière, vivante, pour user des termes de Gaston Bachelard dans L’Eau et les Rêves ; nous l’imaginons sourdre du robinet comme d’un ruisseau dévalant les pentes d’une montagne – et non pas comme un liquide inerte, pompé d’une usine de production après avoir stagné dans un bac d’assainissement.