France/Fiscalité

Vincent Valentin : “La question est de savoir si le prélèvement à la source produit ‘l’illusion de la gratuité’”

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Cet article est issu du numéro 123 de Philosophie magazine « 123 - octobre 2018 », en kiosque le 24 septembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dès le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu sera prélevé directement à la source et non plus payé un an plus tard. Cette réforme ne changera rien pour les ménages, mais elle suscite des réticences. Pourquoi ? L’analyse du philosophe Vincent Valentin, spécialiste de la pensée libérale.

Comment comprendre les critiques suscitées par cette réforme fiscale ?

Vincent Valentin : Un débat divise les penseurs libéraux sur l’effet de la retenue à la source s’agissant de la représentation de l’impôt. Toute la question est de savoir si ce prélèvement à la source produit, à terme, ce qu’on appelle « l’illusion de la gratuité », c’est-à-dire le sentiment de ne plus payer d’impôt dès lors qu’il est directement intégré à la fiche de paie. Le risque serait, comme pour les cotisations sociales, qu’on ait progressivement le sentiment que l’entreprise paie pour nous et que cela produise un oubli de l’impôt. Certains libéraux craignent que cette réforme rende indolore le prélèvement et qu’elle incite finalement à davantage de dépenses publiques. À l’opposé, d’autres pensent que le prélèvement à la source va manifester la violence de l’État en faisant baisser considérablement les salaires. Leurs divergences relèvent plutôt de la psychologie que de la théorie politique.

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