Philo en série(s)

Le réel est une tragédie

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Hunter Doohan dans “Your Honor”, saison 1

Hunter Doohan dans “Your Honor”, saison 1. © Skip Bolen/Showtime

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Dans la série américaine Your Honor, un homme se retrouve devant un terrible dilemme moral : doit-il dénoncer son fils qui a tué involontairement le fils d’un bandit ? Une réflexion éthique qui nous fait prendre conscience de la puissance de l’interrogation d’Emmanuel Kant. C’est l’avis de la philosophe Laurence Devillairs, qui a récemment publié Être quelqu’un de bien. Philosophie du bien et du mal (PUF, 2019).

 

« Que feriez-vous si votre fils unique, plein de promesses et de gentillesse, tuait par accident le fils d’un malfrat ? Est-ce que vous l’emmèneriez au poste de police le plus proche pour se dénoncer ? Ou bien est-ce que vous engageriez un calcul des risques et des bénéfices, en comparant sa vie avec celle qu’il a malencontreusement fauchée ? Ce cas de conscience, c’est celui que met en scène la série Your Honor, écrite par l’un des plus élégants réalisateurs britanniques, Peter Moffat. Comment démêler ce dilemme classique et tragique de la philosophie morale ?

Classique, car il s’agit de savoir si la morale doit tenir compte des circonstances (la bonté de mon fils, son avenir, la probable malhonnêteté à venir du fils du gangster, etc.) ou si elle exige de faire le bien sans condition, quoi qu’il en coûte. Tragique, car l’issue ne fera que des malheureux : soit vous couvrez votre fils, et vous vous faites tous deux les complices d’une injustice ; soit vous le livrez et le condamnez ainsi à la prison. Dans le premier cas, vous êtes lâche mais libre ; dans le second, vous êtes courageux mais emprisonné. Que faut-il choisir : la morale ou la liberté ?

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