Biologie / Mutations

Le vivant se lancera-t-il à la conquête de l’espace ?

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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Quand un ver revient d’un séjour dans la Station spatiale internationale avec deux têtes, nous pouvons nous demander si le vivant est assez résistant pour s’émanciper de son berceau terrestre.

Quelle tête il faisait au retour de l’espace ! Embarqué dans la Station spatiale internationale le 10 janvier 2015 pour un séjour de cinq semaines, un petit ver plat – le planaire Dugesia japonica – est revenu sur Terre avec, carrément, deux têtes, une à chacune de ses extrémités (photo), selon l’équipe de recherche de l’université Tufts (États-Unis) qui a présenté le résultat de cette expérience au début du mois de juin 2017.

Les planaires sont des organismes appréciés des biologistes qui étudient la régénération. La fascination pour cette force du vivant susceptible de « repousser » malgré les attaques qu’on lui fait subir sous-tend, depuis les années 1780 et la découverte du polype de Trembley – qui se reconstitue lorsqu’on lui coupe la tête –, l’idée que la vie détient une puissance de création capable de contenir la mécanique ou la chimie. « Le vivant est l’ensemble des forces qui résistent à la mort », disait Bichat en 1801. Mais le planaire fait mieux que les écrevisses ou les lézards ordinaires, puisque coupé en 276 morceaux, il peut repousser en 276 planaires identiques à l’original. Il est aussi génomiquement plus proche des vertébrés (donc, de nous) que les drosophiles ou les vers nématodes, organismes modèles en usage en génétique. On l’étudie pour comprendre les gènes impliqués dans ses processus de régénération, avec l’espoir qu’ils nous aideront à réparer nos tissus ou, qui sait, à produire des tissus autorégénérants.

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