Stratégie / Mali

L’impossible conquête du sable

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L’impossible conquête du sable

(cc) Magharebia / Flickr

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Cet article est issu du numéro 67 de Philosophie magazine « 67 - mars 2013 », en kiosque le 21 janvier 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À RELIRE. L’opération franco-africaine au Mali risque de se poursuivre dans le désert. Mais peut-on espérer maîtriser un tel espace ? Éléments de réponse avec la théorie géopolitique de Carl Schmitt.

Après avoir pris aux rebelles islamistes les villes du nord du Mali, les forces françaises et africaines se retrouvent face à un désert de 220 000 km2. Mais que faire devant l’immensité ? Pour y réfléchir, on peut s’inspirer du philosophe et juriste allemand Carl Schmitt (1888-1985) qui fonde la politique et la stratégie sur le type de territoire concerné. Malgré la grave compromission du penseur avec le nazisme, l’opposition qu’il a dressée entre la terre et la mer a été récemment redécouverte et peut nous aider à y voir plus clair. Selon lui (Le Nomos de la terre, PUF, 2012), c’est la terre qui donne naissance au droit et  à la justice. La fécondité de la terre introduit d’abord l’idée suivant laquelle le labeur de l’homme est légitimement récompensé par les récoltes. En outre, la terre cultivée délimite les champs et les bois, trace les chemins, matérialise les frontières. Enfin, la vie sociale et politique s’incarne dans les murs des maisons et des bâtiments – « les ordres et les localisations de la vie en société se voient au grand jour ». Les règles de voisinage forment le noyau de l’ordre public. Le droit et la politique seraient donc essentiellement telluriques.

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