« Le vrai est ce qui est payant » : William James
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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans une perspective pragmatique, un énoncé est vrai s’il est rentable. Cette affirmation ne conduit pas pour autant au cynisme. Elle n’est même pas incompatible avec la croyance, selon le philosophe américain : et si Dieu était une idée payante ?
Vous doutez de la vérité d’une vision politique, d’un programme économique, d’un système de valeurs ou encore d’une croyance religieuse ? Soyez pragmatique : évaluez-les à l’aune de leurs conséquences pratiques. Elles -seules, nous dit le philosophe américain William James, sont le critère du vrai. De même qu’une loi scientifique n’est vraie que si elle a des applications techniques fécondes, une idée n’est vraie que si elle est prosaïquement rentable, opératoire, profitable, bref payante. « Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée, de même que le juste consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre conduite. » Même Dieu est « une chose dont on se sert ».
Vous êtes choqué ? Vous rejoignez le camp des nombreux détracteurs de William James, Bertrand Russell en tête, qui voient en lui le chantre du capitalisme sauvage, et réduisent sa pensée à une défense et illustration de l’homme d’affaires américain : opportuniste, individualiste, cynique et décomplexé.