L’écureuil de William James

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Cet article est issu du numéro 28 de Philosophie magazine « 28 - avril 2009 », en kiosque le 26 mars 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Autour de quoi tourne un homme poursuivant un petit rongeur tournant lui-même autour d’un arbre ? À partir de cette question, le fondateur du pragmatisme montre que la vérité n’est pas unique, mais dépend du point de vue pratique que l’on adopte.

Un groupe d’amis est en vacances à la montagne. Ils assistent à la scène suivante : à quelques mètres d’eux, un homme tente d’apercevoir un écureuil caché derrière un arbre. Pour cela, il se met à tourner autour de l’arbre, mais l’écureuil, fuyant l’homme, se met lui aussi à tourner autour de l’arbre. L’homme poursuit l’écureuil qui réussit pourtant à maintenir « l’arbre entre l’homme et lui », si bien qu’au final l’homme ne réussit « pas une seule fois à l’entrevoir ». D’où l’interrogation suivante : « L’homme tourne-t-il autour de l’écureuil, oui ou non ? » Certains soutiennent que, l’écureuil étant agrippé à l’arbre, l’homme, puisqu’il tourne autour de l’arbre, tourne aussi autour de l’écureuil. D’autres sont d’avis que l’homme, puisqu’il court « après » l’écureuil, ne tourne pas autour de celui-ci, mais seulement autour de l’arbre.

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