Leopold von Sacher-Masoch et l’invention du masochisme. L’Œuvre
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Cet article est issu du numéro 78 de Philosophie magazine « 78 - avril 2014 », en kiosque le 27 mars 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La Vénus à la fourrure, paru en 1870, est le roman le plus célèbre de Sacher-Masoch, celui qui a exercé l’influence la plus durable et profonde – il a été plusieurs fois adapté au cinéma, avec, en 2013, une version de Roman Polanski. Largement inspiré par la vie de son auteur, le livre fait partie d’un ensemble plus vaste, intitulé Le Legs de Caïn, demeuré inachevé. Un jeune homme exalté et passionné par le monde antique, Séverin, y conte son histoire au narrateur, à travers une sorte de journal intime, les « Confessions d’un supra-sensuel ». Ses aventures commencent alors qu’il s’est retiré dans une petite station thermale des Carpates. Habitant la maison isolée d’une veuve, il trompe son ennui en déambulant dans la nature environnante, où il tombe sur une statue de Vénus qui le fascine. Un jour, il croit que cette statue s’est animée… En réalité, il vient de rencontrer Wanda, belle femme à la chevelure rousse et au caractère bien trempé – elle se définit comme une païenne hédoniste, hostile à l’ordre chrétien et bourgeois. La Vénus à la fourrure raconte dès lors leur relation mouvementée et passablement complexe. Dans cette œuvre érotique – et non pornographique – baignant dans une atmosphère trouble, tout en rêves et en fantasmes, il sera question de la malédiction de l’amour, du rapport conflictuel entre les sexes et du lien puissant qui unit l’imagination et le désir, la jouissance et la cruauté aussi…