Les écrans et les étoiles

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© Bruno Bressolin / Valérie Oualid

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Cet article est issu du numéro 116 de Philosophie magazine « Peut-on désirer sans dominer ? », en kiosque le 11 janvier 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour naviguer de nuit, les hommes se fient-ils à la technologie ou préfèrent-ils regarder le ciel ?

La passerelle d’un bateau de la Marine nationale naviguant en pleine nuit sur un océan désert est un lieu étrange et vénérable, tenant de la cellule monastique, de la capsule spatiale et du laboratoire technologique. Ayant eu la chance, en qualité d’Écrivain de Marine, d’embarquer à bord du Champlain, bateau multimissions assurant le ravitaillement des îles Éparses dans le canal du Mozambique, je montais à la passerelle par certaines nuits d’obsidienne rejoindre les hommes de quart. Le quart le plus difficile est celui qui court de minuit à quatre heures du matin. On est au cœur des ténèbres, les heures sont de plomb, comme le sommeil auquel l’homme de quart n’a pas le droit.

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