Les philosophes et l’amitié

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Cet article est issu du numéro 69 de Philosophie magazine « 69 - mai 2013 », en kiosque le 24 avril 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Depuis l’Antiquité, les philosophes, pourtant réputés peu sociables, ont réfléchi aux liens qui unissent les hommes. Passage en revue.

Aristote

384-322 av. J.-C.

Sa conception de l’amitié / L’alter ego

« Un autre [soi]-même », un alter ego : tel est l’ami selon l’Éthique à Nicomaque. Je me connais et m’aime moi-même dans son regard, et réciproquement. L’amitié (philia) n’est pas fondée sur l’utilité ou la recherche du plaisir ; elle consiste, et incite, à se comporter de manière morale entre « gens de bien ». Condition du bonheur individuel, elle constitue aussi le ciment de la communauté politique, en liant les citoyens.

 

Cicéron

106-43 av. J.-C.

Sa conception de l’amitié / La franchise

Dans le monde romain, l’amitié (amicitia en latin) est une relation à la fois privée et publique ; être amis, c’est être intimes, mais également alliés sur la scène politique. Lui-même Romain, Cicéron en fait le fondement de l’esprit républicain. Il la place sous le signe de la vertu et de la franchise (fides) : l’amitié « n’est que vérité et sincérité », quitte à « adresser à ses amis avertissements et reproches » (De l’amitié).

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