Les professeurs de philosophie se mobilisent pour défendre la discipline

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Les professeurs de philosophie se mobilisent pour défendre la discipline
Des professeurs du secondaire et du supérieur appellent à la mobilisation contre la réduction des enseignements de philosophie au lycée.

Tandis que les lycéens passent le baccalauréat, qui débute ce mercredi 17 juin 2015 avec l’épreuve de philosophie, les professeurs s’inquiètent de l’avenir de la « discipline reine » et dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail.

Deux textes circulent actuellement pour faire le point sur la restriction inquiétante des heures dédiées à l’enseignement de la philosophie. L’un, signé par un collectif de professeurs d’Île-de-France, hors de tous syndicats, invite à un rassemblement devant le ministère de l’Éducation nationale le vendredi 3 juillet à 13h30. L’autre, conçu par des universitaires en soutien à leurs collègues, appelle à la défense de l'enseignement de la philosophie dans le secondaire.

Ces deux textes déplorent les réformes du lycée mises en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy par le ministre Luc Châtel et, plus spécifiquement, la remise en cause du dédoublement des classes pour les filières technologiques et l’amputation de la quatrième heure hebdomadaire de cours pour les séries scientifiques.

Les professeurs d’Île-de-France mettent en garde contre: 

« la suppression de ces heures dédoublées qui permettent de travailler en petit effectif affecte la qualité de l’enseignement, jusqu’à remettre en question sa possibilité. Cela va à l’encontre des besoins des élèves et se révèle aussi source d’inégalités, puisque les dédoublements sont désormais gérés de manière locale, et non nationale. Enfin, c’est la charge de travail des enseignants qui se trouve considérablement alourdie : les professeurs de philosophie peuvent se voir confier plus de six classes de terminale, et certains, en raison de nombreuses suppressions de postes, doivent enseigner dans deux, trois, voire quatre établissements ! Alors qu’il apparaît plus que jamais urgent de favoriser le développement de l’esprit critique et d’une pensée libre, l’enseignement de la philosophie est fragilisé et sa survie est en jeu. »

Aux confrères du supérieur de renchérir en demandant « instamment à Madame la ministre de restaurer au plus vite, les conditions d'un enseignement ambitieux de la philosophie au lycée. »

Seront-ils entendus en cette période d’examen, prélude à l’été ? Réponse attendue à la rentrée.