France / École

Éducation nationale recherche professeurs désespérément

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Élèves d'une classe de 10e (l’actuel CE1) autour de leur institutrice à Auxerre (Yonne), en 1905. © Roger-Viollet

Élèves d'une classe de 10e (l’actuel CE1) autour de leur institutrice à Auxerre (Yonne), en 1905. © Roger-Viollet

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Cet article est issu du numéro 160 de Philosophie magazine « Penser, c’est dire non ? », en kiosque le 02 juin 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le métier d’enseignant connaît une crise des vocations. Cela donne-t-il tort à Charles Péguy, qui le qualifiait de « plus beau métier du monde » ? L’éclairage de Frédéric Manzini, professeur de philosophie au lycée.

 

Le métier de professeur traverse aujourd’hui une crise profonde. Salaires qui stagnent, déclassement et manque de reconnaissance, conditions d’exercice difficiles… Tous ces points noirs contribuent à l’augmentation des démissions et aux cas de professeurs non remplacés malgré le recours de plus en plus fréquent aux contractuels. Et cette désaffection croissante se traduit par une baisse drastique du nombre de candidats aux concours de recrutement. Cette année, il n’y a même que 816 admissibles aux concours du Capes de mathématiques pour 1 035 postes à pourvoir ! L’enseignement ne fait plus rêver. « Le plus beau métier du monde », affirme pourtant cette périphrase passée dans le langage courant et devenue un véritable cliché. Mais qui, à l’heure actuelle, croit encore que cette profession soit si merveilleuse ? Certainement pas les plus jeunes qui s’en détournent, sans doute parce qu’ils ont conservé le souvenir encore vivace des conditions dans lesquelles eux-mêmes ont effectué leur scolarité. Comme une formule qui perd son effet magique, l’expression semble presque devenue ironique, voire sarcastique, et masque de plus en plus difficilement la réalité d’un travail difficile.

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