Société / Éducation nationale

Adrien Louis : “L’Éducation nationale a besoin d’une réforme morale”

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“On attaque l’idée même d’un rapport libre et désintéressé au savoir”, Adrien Louis.

“On attaque l’idée même d’un rapport libre et désintéressé au savoir”, Adrien Louis. © Jean-Christophe Milhet/Hans Lucas via AFP

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Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En cette rentrée scolaire, un professeur de philosophie au lycée, Adrien Louis, analyse les contradictions dans lesquelles est pris le métier d’enseignant, tiraillé entre aspirations démocratiques et aristocratiques.

 

Quel regard portez-vous sur la réforme du baccalauréat et particulièrement sur l’instauration du contrôle continu ?

Adrien Louis : En introduisant une large part de contrôle continu dans la note finale du baccalauréat, cette réforme porte d’abord atteinte au caractère national du diplôme et de l’examen. Ensuite, il transforme le rapport général au savoir, car les élèves entrent dans une logique constante de négociation et de réclamation. Finalement, c’est l’idée même d’un rapport libre et désintéressé au savoir qui se trouve compromise, alors que ce rapport n’est tout de même pas étranger à la vocation d’enseignant ! C’est ainsi que des collègues passionnés ont ressenti pour la première fois de leur carrière une lassitude profonde du métier, ayant l’impression d’être devenus des correcteurs à la chaîne.

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