Les qualités indispensables d'un chef d'État selon les intentions de vote 2012...
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Cet article est issu du numéro 53 de Philosophie magazine « 53 - octobre 2011 », en kiosque le 29 septembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les qualités du bon Président varient-elles de gauche à droite ?
Entre les partisans de gauche et de droite, les résultats révèlent une fracture importante. La droite est encore attachée à la geste « héroïque » du Président (force, personnalité exceptionnelle, capacité à décider seul et à aller contre l’opinion), alors que la gauche est plus sensible à une posture de proximité. Pour près de 41 % des soutiens de Nicolas Sarkozy, il reste indispensable que le Président sache employer la force sans états d’âme ou aller contre l’opinion. Ce n’est le cas que pour 22 % au PS et… pour 9 % des partisans d’Eva Joly. Pour 50 % des électeurs de Nicolas Sarkozy, le bon Président doit être capable de décider seul face à une crise. Ils ne sont plus que 31 % au PS. Pour 65 % des électeurs de l’UMP, il est important que le Président ait une personnalité exceptionnelle, contre 49 % chez les socialistes. À l’inverse, 69 % des électeurs potentiels du PS considèrent qu’il est important que le Président soit un Français comme les autres (pour 29 % c’est même indispensable), tandis que seuls 19 % des électeurs de Nicolas Sarkozy jugent cela indispensable. La proximité creuse aussi un écart entre les trois premiers candidats à la primaire du PS : 79 % des électeurs de Ségolène Royal la jugent importante – dix points de plus que François Hollande et Martine Aubry. Le seul à vraiment se distinguer à gauche est Jean-Luc Mélenchon, dont les électeurs refusent l’idée que le Président aurait à prendre des mesures de gauche et de droite. Mais c’est le centre qui est, naturellement, le plus ardent défenseur du pluralisme jugé indispensable par 63 % des partisans de François Bayrou, et par 73 % des partisans de Jean-Louis Borloo et de Dominique de Villepin. Enfin, le cas de Marine Le Pen mérite le détour. Ses soutiens semblent désormais bouder l’image du sauveur de la nation, autrefois chère à son père. 40 % des partisans de Marine Le Pen jugent indispensables la capacité de décider seul (contre 50 % pour ceux de Sarkozy), et 34 % jugent indispensable le recours à la violence. Ils sont aussi devenus les champions du pragmatisme et du pluralisme (indispensable pour plus de 60 %). Moralité : aujourd’hui, l’extrême droite voit ses repères évoluer plus vite que la droite !