Religion
Les sept nouveaux péchés capitaux
Place Saint-Pierre (Cité du Vatican), le 2 octobre 2024. Le pape François préside une messe pour l’ouverture du Synode des évêques. © Maria Grazia Picciarella/Shutter/Sipa
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Début octobre 2024 s’ouvrait la deuxième session du synode sur la gouvernance de l’Église. Cette assemblée, composée de 386 membres dont 96 évêques, 53 femmes et 41 laïcs, reprend ses travaux de réflexion sur les réformes de l’église pour quatre semaines. L’événement a débuté par la lecture d’un texte du pape François : une « demande de pardon » pour sept péchés inédits.
Péchés contre les femmes, l’écologie, les migrants… L’énumération de ces fautes a fait vivement réagir parmi les catholiques. « La liste complète sonne au moins partiellement comme une confession “woke”. Et attention, ce sera tous responsables, presque tous coupables », commentait la journaliste Jeanne Smits. L’attaque paraîtra sans doute réductrice. Elle indique cela dit, un peu malgré elle, une vérité : l’insistance de plus en plus marquée, au sein de l’Église, sur une analyse des « structures de péché » – analyse structurelle qui rappelle immédiatement la problématique « systématique » que l’on associe au « wokisme ».
Structures de péché
Traditionnellement, les péchés sont une affaire individuelle. Thomas d’Aquin le dit : le péché est un acte volontaire. L’idée de « péchés structurels » ou de « péchés sociaux » émerge dans les années 1960 parmi les théologiens de la libération, qui ont influencé le pape François. L’idée est peu à peu intégrée par l’Église. En 1982, la Commission théologique internationale, dans son texte La Réconciliation et la Pénitence, affirme que : « Au sens propre du terme, seul l’homme est capable de péché. C’est tout au plus dans un sens analogique que l’on peut parler de “structures de péché” ou de “péchés structurels” » ; cependant, ajoute la commission : « La faute et le péché prennent corps aussi dans les organisations et les structures […] exerçant sur l’homme une action aliénante et destructrice. » La notion de structures de péché est largement reprise par Jean-Paul II, notamment dans l’encyclique Centesimus annus (1991) où sont mis en relation la « destruction irrationnelle du milieu naturel et du milieu humain », et « la structure sociale dans laquelle vit [l’être humain], par l’éducation reçue et par son milieu ». États, entreprises, organisations doivent être condamnés pour leurs actes, ou pour les conditions sociales qu’ils instaurent. Le pape François revendique cet héritage.