Les Vercors intérieurs
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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Saurez-vous résister au vertige qui saisit le marcheur du haut de cette forteresse géologique marquée par l’Histoire ?
Des réseaux de maquisards de 1944 projetèrent de faire du Vercors une citadelle. Ils savaient que la géologie avait donné au territoire la forme de leur rêve. Le plateau du Vercors, perché entre l’Isère et la Drôme, est une île en terre ferme. Ce donjon flanqué de hautes parois est malaisément prenable. Il était donc défendu par le travail des forces tectoniques avant même que des humains ne s’occupassent d’en verrouiller les accès.
Le maquis du Vercors fut glorieux et tragique. Quelques francs-tireurs vécurent ces années façon Jacques Perret, pour l’honneur et le « jeu », trouvant un air de vacances à ces guérillas sans portée. Les autres éprouvèrent des sentiments solennels. Ils donnèrent à l’action une dimension mystique. Dans un maquis provençal situé plus au sud, René Char en tira les Feuillets d’Hypnos, aux antipodes de la désinvolture (pas moins noble) de Perret.