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L’intellectuel de droite, c’était mieux avant ? La chronique de Michel Eltchaninoff
Michel Houellebecq. © Bruno Levy/divergence-images
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Cet article est issu du numéro 176 de Philosophie magazine « Comment prendre la bonne décision ? », en kiosque le 11 janvier 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La droite semble avoir acquis l’hégémonie culturelle. Mais cette victoire ne met-elle pas en péril la figure rebelle de l’intellectuel de droite, qui se définissait par son désir de distinction ?
Je me suis bien écharpé avec une amie l’autre soir. Sur le conflit israélo-palestinien, l’immigration, le drame de Crépol, l’insécurité, l’islamisme… Tout ça en même temps, bien sûr ! Elle citait abondamment Michel Houellebecq, Raphaël Enthoven, Alain Finkielkraut, de « vrais intellectuels de droite » à ses yeux. Je ne lui ai pas répondu qu’un intellectuel de droite, ça n’existe pas. Car je suis sûr qu’il y en a. Ou plutôt qu’il y en a eu. Comment le définir ? Par une volonté farouche de désobéir à un schéma dominant, qui a longtemps été celui du marxisme et du progressisme. Face à l’admirateur de l’Union soviétique ou de la révolution permanente trotskiste, au militant anticolonial, féministe ou anti-impérialiste, qui croient en la lutte globale pour l’émancipation, les intellectuels de droite ont longtemps revendiqué la distinction, dans tous les sens du terme.