Dossier/Comment la droite s’est emparée des esprits
Les héritiers de Gramsci
Antonio Gramsci © NPL-DeA Picture Library/Bridgeman Images
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Cet article est issu du numéro 157 de Philosophie magazine « Comment la droite s’est emparée des esprits », en kiosque le 17 février 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci forment un ensemble vaste et fragmentaire, dans lequel des penseurs et des politiciens, de gauche comme de droite, sont allés chercher l’inspiration.
Lectures philosophiques
À gauche
Pier Paolo Pasolini (1922-1975)
En 1954, il se rend sur la tombe de Gramsci, à Rome, et en tire un long poème mélancolique, Les Cendres de Gramsci, où il envie la génération qui a cru pouvoir changer le monde.
Quaderni Rossi (1961-1966)
C’est la revue de l’opéraïsme italien, où ont écrit Raniero Panzieri et Mario Tronti, avec un programme proche de celui des ordinovistes de Gramsci, qui consiste à tisser des liens entre intellectuels et ouvriers.
Antonio Negri (né en 1933)
Les similitudes de parcours sont frappantes entre Gramsci et Negri, puisque ce dernier a passé dix années en prison et en semi-liberté, accusé (à tort) d’être le cerveau des Brigades rouges. En captivité, il relit Spinoza et écrit L’Anomalie sauvage, puis Empire (avec Michael Hardt), qui n’est rien moins qu’une refondation du marxisme.