Hors-série "Foucault. Le courage d’être soi"

L'irruption du sexe et du pouvoir à l’écran

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Au début des années 1970, une nouvelle représentation de la sexualité fait irruption sur les écrans, liée à une réinterprétation érotisée du fascisme dans le cadre de la libération des discours sur le sexe. Dans deux entretiens, Foucault met au jour les ressorts de ce phénomène qu’il restitue dans son contexte historico-politique.

 

Portier de Nuit

Objet de scandale à sa sortie en 1974, le film de Liliana Cavani Portier de nuit relate une relation sadomasochiste dans un camp de concentration entre Max, officier SS, et Lucia, Juive déportée – et la répétition de cette relation lorsqu’ils se retrouvent par hasard à Vienne en 1957, où le nazi est devenu portier de nuit. Dans un entretien aux Cahiers du cinéma 1, prenant exemple de cet amalgame entre sadomasochisme, érotisme et nazisme au mépris de l’abjection du référent historique, Foucault discerne derrière cette entreprise de falsification « une manière de recoder la mémoire populaire » au profit du pouvoir, bénéficiaire, au-delà de cette tentative d’érotisation du pouvoir, d’une démarche de relativisation historique et de démythification des combattants de l’oppression. Déplorant que « tout l’imaginaire érotique de pacotille [soit] placé maintenant sous le signe du nazisme », il conclut : « C’est l’infect rêve petit-bourgeois de la propreté raciale qui sous-tendait le rêve nazi. Éros absent » 2. Un an plus tard, Susan Sontag publiera Fascinating fascism sur la prégnance nouvelle de cet imaginaire dans la société occidentale.

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