Logan Roy ou la fureur de vaincre

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Cet article est issu du Hors-série n°67 de Philosophie magazine « Petit traité des vices à l’usage des honnêtes gens », en kiosque le 20 novembre 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le milliardaire de Succession a des colères stratégiques. Il s’en sert pour renverser les obstacles, la transformant en création... souvent destructrice.

 

LE PORTRAIT : PATRON MENAÇANT, PÈRE IMPOSANT

L’hélicoptère privé survole les buildings de Manhattan ambrés par le soleil couchant. À l’intérieur, entouré de cinq membres de sa famille et de son staff, le magnat des médias et milliardaire Logan Roy, lunettes de soleil et casquette sombre, a l’air passablement irrité. Le patron de Waystar vient de passer à côté d’un deal mirobolant. Il fulmine. Sa fille Shiv se risque : « Tu veux qu’on en parle ? » Logan grommelle, lorgne son smartphone désespérément silencieux et, soudain, explose. Il hurle de rage et frappe la carlingue de l’appareil, faisant trembler l’équipage. « Bon Dieu, papa ! – Quoi ? – C’est dangereux. » Silence dans l’hélico. Logan s’est mis en colère, une fois de plus. L’orage a tonné. Il passera. 

Le héros de Succession, série diffusée entre 2018 et 2023, n’a rien d’un businessman compassé. Imposant, menaçant, Logan use de sa colère comme d’une arme pour s’imposer dans une discussion, que ce soit au travail, en amour ou avec ses enfants. Tel est l’art de la négociation pour cet entrepreneur parti de rien qui semble toujours à deux doigts de gifler quelqu’un – geste qu’il inflige à son fils Roman, dans la saison 2. Son tempérament irascible se traduit par un langage brutal (le « fuck off » récurrent) souligné par la musique de Nicholas Britell : des violons impatients jonglent souvent avec des basses signalant une tornade sur le point de déferler.

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