Regard

L’orgasme féminin ne sert à rien

Temps de lecture : 3 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 2 de Philosophie magazine « 2 - juin/juil. 2006 », en kiosque le 25 mai 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans The Case of the Female Orgasm, Elisabeth Lloyd, philosophe et biologiste, remet en cause l’utilité de l’orgasme féminin dans l’évolution de l’espèce. Une approche inédite qui, outre-Atlantique, lui vaut les foudres tant de la communauté scientifique que des féministes.

Pourquoi tant de femmes souffrent-elles d’anorgasmie (absence d’orgasme au cours des relations sexuelles) ? A cette question, Elisabeth Lloyd, professeur d’histoire et de philosophie des sciences à l’université de l’Indiana, apporte une réponse aussi simple qu’inattendue : parce que l’orgasme féminin ne sert à rien ! Du point de vue de la survie de l’espèce en tout cas, l’orgasme serait superflu. En soutenant cette thèse, dans The Case of the Female Orgasm (1), Elisabeth Lloyd a déclenché de vives discussions de l’autre côté de l’Atlantique, se mettant à dos spécialistes scientifiques et mouvements féministes. 

« L'absence d'orgasme chez la femme ne serait pas un problème politique, ni psychologique, mais simplement génétique. »

 

Jusqu’à la huitième semaine de gestation, en dehors de la différence chromosomique, les embryons humains sont sexuellement indifférenciés. L’embryologie a établi que le pénis et le clitoris avaient la même origine ; leurs tissus nerveux et érectiles sont similaires. Selon Elisabeth Lloyd, l’aptitude à l’orgasme chez la femme dérive uniquement de la présence du clitoris. Cet organe n’aurait cependant pas plus d’utilité que les seins chez l’homme, et l’orgasme féminin ne serait au mieux qu’un potentiel, sans fonction précise.

Cet article est réservé aux abonnés