Sexualité
Pour en finir avec le “mystère” de l’orgasme des femmes
Tiziano Vecellio dit Titien (1488-1576), “La Vénus d’Urbin”, 1538. Huile sur toile, 119 × 165 cm, conservé au musée des Offices à Florence (Italie).
« Fossé genré de l’orgasme », c’est l’expression utilisée par une étude qualitative canadienne récente qui s’efforce de comprendre pourquoi les hommes hétérosexuels jouissent beaucoup plus que leurs compagnes. Cet écart interroge depuis plusieurs années. En 2017, une enquête de l’Ifop montrait qu’un quart des femmes n’avait pas eu d’orgasme lors de leur dernier rapport, contre 14% des hommes.
L’étude canadienne pointe du doigt trois explications : une « vision essentialiste du genre » (aux hommes le plaisir, aux femmes les sentiments) ; l’idée reçue selon laquelle « l’orgasme féminin est un travail » alors que « l’orgasme masculin est naturel » ; une stigmatisation morale du plaisir féminin. On peut également voir dans ce phénomène la persistance d’une méconnaissance de la sexualité féminine, dont Freud disait déjà qu’elle est un « continent noir », et que Luce Irigaray s’est justement efforcée d’explorer.