France / Langage
L’orthographe est à tout le monde
(cc) Pixabay
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Cet article est issu du numéro 98 de Philosophie magazine « Qu’est-ce qu’être fort ? », en kiosque le 24 mars 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Début février, la réforme de l’orthographe a suscité une levée de boucliers. Fédérés autour du hashtag #jesuiscirconflexe, les opposants ne se comptent pas que parmi les élites. Retour sur une polémique devenue sociologique.
Appliquée dans les manuels scolaires à partir de la rentrée 2016, la réforme, qui n’est qu’une réactivation d’un programme voté il y a vingt-cinq ans, sous le gouvernement de Michel Rocard, vise à « simplifier » l’orthographe et à supprimer des « anomalies » de la langue. Ces aménagements sont censés correspondre à l’évolution des usages : quelques accents supprimés, des traits d’union effacés… Au total, 2 400 mots modifiés sur près de 100 000 ont créé une contestation si forte que même l’Académie française s’y est ralliée… alors qu’elle avait approuvé la réforme en 1990. Si l’on peut reconnaître que « ognon » semble plus intuitif que « oignon », pourquoi cette orthographe paraît-elle si scandaleuse ? Pourquoi ce « i », au même titre que l’accent circonflexe ou encore le tréma, déchaînent-ils les passions ?
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