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© Oriane Safré-Proust / Valerie Oualid 

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Cet article est issu du numéro 123 de Philosophie magazine « 123 - octobre 2018 », en kiosque le 24 septembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans les gares ou les aéroports, les zones de transit sont censées nous plonger dans un état émotionnel neutre. Mais en sommes-nous capables, et n’est-ce pas plus angoissant ?

Il y a quelque chose dont personne ne parle jamais avant de partir en voyage. Au retour non plus, personne n’en parle, comme si ceux qui étaient sur le point de partir avaient peur d’y rester et ceux qui y étaient restés trop longtemps avaient honte de l’expérience ou ne savaient pas quoi en penser. Ce purgatoire, c’est la zone de transit. Que ce soit celle de l’aéroport ou l’espace commercial des grandes gares, on dirait qu’on ne ressent pas grand-chose dans ces « espaces tampons » dont le code architectural semble obéir aux mêmes règles partout dans le monde, mêmes pharmacies, mêmes boutiques de journaux, mêmes cafés allongés, même température idéale de 20 degrés, mêmes jingles apaisants, mêmes voix suaves pour les annonces comme si l’objectif non-dit de la zone de transit était d’abord de vous calmer.

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