Lucidité, digue fragile

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Lucidité, digue fragile

© Charles Berberian pour PM

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Cet article est issu du numéro 90 de Philosophie magazine « La santé, c'est dans la tête ? », en kiosque le 28 mai 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Inéluctable autant qu’imprévisible : telle est la maladie, et c’est à cause de cette manière si contradictoire qu’elle a de se présenter dans le temps, qu’elle échappe à la pensée, qu’elle lui demeure comme indifférente et étrangère pour, soudain, la submerger.

Inéluctable, pour commencer. Vous n’avez jamais eu de maladie grave ? Ni vous ni vos proches ? Très bien, il suffit d’attendre. Ce n’est qu’une question d’années. Les maladies sont, davantage que les autres événements, des choses qui arrivent. Rien de mieux assuré que leur venue – bien plus probable que celle de la richesse, de la gloire ou de l’accès à un état de satisfaction continue. La maladie est l’horizon le plus certain, après la mort bien sûr, dont la statistique enseigne (sans qu’aucune coûteuse étude ne soit nécessaire) qu’elle frappe 100 % des humains.

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