Témoignage

Mehdi Belhaj Kacem : « Le courage d’un commencement prométhéen »

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Cet article est issu du numéro 30 de Philosophie magazine « 30 - juin 2009 », en kiosque le 28 mai 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Auteur de L’Esprit du nihilisme. Une ontologique de l’Histoire (Fayard), Mehdi Belhaj Kacem a choisi le français pour l’écriture.

Je dois avouer que je me méfie des syntagmes du type « esprit français ». Quand on convertit, comme l’ont thématisé ou avalisé des génies comme Schelling ou Heidegger, une communauté linguistique tard survenue en mythe d’un « peuple », d’une « âme » et d’un « esprit » insécables, on peut être sûr que les relents politiques seront particulièrement fétides. C’est du reste en tombant amoureux de la langue française, à 8 ans, et en la choisissant comme la mienne, que je peux retracer ce qui pour moi en aura constitué « l’esprit ». De Lautréamont à Guyotat en passant par Artaud, et plus tard des jacobins aux situationnistes en passant par les communards, « français », dans l’esprit, signifiait pour moi le courage d’un commencement prométhéen ; et c’est dans cet esprit que le petit Tunisien que j’étais espérait devenir un Français au sens le plus plein.

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