États-Unis / Politique

Métaphysique des “faits alternatifs”

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Métaphysique des “faits alternatifs”

Kellyanne Conway en février 2015 (cc) Flickr / Gage Skidmore

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En soutenant qu’ils ne mentent pas mais proposent simplement des “faits alternatifs”, le président américain et ses conseillers empruntent involontairement à la pensée de Nietzsche. Peut-on soutenir qu’il n’existe pas de faits mais seulement des interprétations ?

L’entrée en fonction de Donald Trump a donné lieu à d’étranges déclarations. Après que le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a annoncé que la cérémonie d’investiture du 20 janvier avait été « la plus grande en terme d’audience » et que la pluie s’était arrêtée durant le discours du président – déclarations démenties par les observateurs et les photos –, il s’est justifié en disant : « Parfois, nous pouvons être en désaccord avec les faits. » Quant à Kelly­anne Conway, la conseillère du président Trump, elle a répondu, le 22 janvier, à un journaliste qui lui disait que ces allégations étaient un mensonge, qu’il existait des « faits alternatifs ». Les faits, tout comme les opinions, seraient d’après elle ouverts à la discussion contradictoire. Les journalistes auraient ainsi leur vision des choses, la Maison Blanche en proposerait une autre. D’ailleurs, en visite, le lendemain de son investiture, au siège de la CIA, le nouveau président a considéré que les journalistes faisaient partie « des êtres humains les plus malhonnêtes de la Terre ». Match nul ?

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