Regard
Michel Agier : “Le masque permet de produire une autre identité, de jouer avec”
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« D’ordinaire, le masque participe du rituel, que ce soit celui des fêtes païennes comme le carnaval, ou des cérémonies religieuses dans les sociétés traditionnelles. Le rituel est associé à l’idée de communauté, qui peut être rattachée au groupe, à la famille, au village. Danser la ronde, par exemple, incarne l’idée de refaire communauté. Dans sa définition la plus générale, le rituel est le moment où le récit individuel rencontre l’histoire de la communauté, où l’individu rencontre les autres. Il symbolise un moment où chacun se reconnaît dans un “nous”, à un moment donné. Dans les sociétés où le carnaval occupe une place importante, on peut se sentir, même si l’on n’en fait pas partie le reste du temps, membre d’une communauté plus grande. Mais le lendemain, terminé, on passe à autre chose, la communauté rituelle disparaît. Le rituel est donc une rupture temporaire avec le quotidien.