Parcours
Michel Leeb, homme-orchestre
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Cet article est issu du numéro 11 de Philosophie magazine « 11 - été 2007 », en kiosque le 05 juillet 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Cet hédoniste délaisse vite les cours de philo pour monter un one man show qui le conduit à la télé. Son enthousiasme plein de swing ne masque pas tout à fait la part du doute. Un aiguillon à la création.
Dans la vie, Michel Leeb n’aime rien plus que « prendre son panard ». Au bout de trente ans de carrière, le plaisir de jouer demeure intact chez cet homme-orchestre de la scène française. De la philosophie, « j’ai gardé l’hédonisme » résume-t-il. Cette recherche de jouissance, l’humoriste la décline dans son spectacle actuel : Tout ce que j’aime. Vaste programme : humour, théâtre, jazz, musique classique, son énergie dévore tout ce qui se présente à elle. Dans son intérieur cossu de la proche banlieue parisienne, peu d’essais philosophiques mais de beaux livres sur le jazz côtoient des bandes dessinées américaines, pays qui offrit à Michel Leeb ses idoles, Jerry Lewis et Miles Davis. Oui, il est fier d’être populaire, « je ne vois pas à quoi ça sert de s’adresser à dix personnes dans une salle obscure », sans complexe vis-à-vis d’une élite dont, par le jazz, il a acquis l’estime.
Entre deux bouffées de cigare, il nous sert l’histoire classique de l’enfance du futur comique, « dès l’école, je faisais rire mes copains en imitant les profs », mais après le bac, c’est la surprise : le blagueur du fond de la classe abandonne le théâtre pour la philosophie. « Je pensais qu’au moins ces études pourraient me donner un métier. Après six ans à la Sorbonne, j’ai passé l’agrégation, et je l’ai ratée. J’ai eu des professeurs géniaux et facétieux comme Vladimir Jankélévitch. » Songeons à ce qu’aurait donné une imitation de Jankélévitch dans Certains Leeb show, l’émission télé qui, dans les années 1980, a fait le succès de Michel Leeb…