Questionnaire de Socrate
Nicolas Philibert. Au plus près
Nicolas Philibert © Michel Crotto
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Cet article est issu du numéro 168 de Philosophie magazine « Transclasses. Sommes-nous déterminés par nos origines sociales ? », en kiosque le 23 mars 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Son nouveau documentaire Sur L’Adamant (en salles le 19 avril) vient de recevoir l’Ours d’or à la Berlinale. Vingt-sept ans après La Moindre des choses tourné à la clinique de La Borde, le cinéaste a eu « à cœur de revenir en psychiatrie » dans un centre de jour singulier, une péniche sur la Seine, amarrée en plein Paris. « Ce n’est pas une utopie – L’Adamant existe bel et bien – mais un petit foyer de résistance. » Dans cet entre-deux mondes, le réalisateur a moins cherché à filmer qu’à aller à la rencontre des patients et des soignants dans leur quotidien et leur humanité. Tout en parvenant à saisir, « comme par effraction », de fragiles instants de grâce.
La solitude, vous l’aimez comment ?
En marchant. J’aime bien marcher seul, sans parler. Alors, quelquefois, marcher à plusieurs, c’est aussi une forme de solitude. Chacun est dans sa pensée. On peut être seul avec les autres, au milieu des autres, ça m’arrive d’être seul au milieu des autres, de me sentir un peu décalé. Je ne suis pas très bavard, je suis quelqu’un d’assez pudique... un peu ours, parfois.
L’un des meilleurs conseils qu’on vous ait donné ?
C’est d’essayer d’être au plus près de mes désirs, au plus près de... oui, de ne pas chercher à épouser les mots, d’être au plus près de moi-même.