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Nouvel élan
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Cet article est issu du numéro 13 de Philosophie magazine « 13 - octobre 2007 », en kiosque le 27 septembre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Politique, neurosciences, création artistique, la pensée de Bergson demeure contemporaine. Sa théorie du rire mérite pourtant d’être réactualisée à l’heure du comique télévisuel formaté.
Frédéric Worms. Directeur du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (ENS, Paris)
Ouverture
La portée politico-religieuse de la philosophie bergsonienne a longtemps été méconnue, en raison d’un grave malentendu : la droite nationaliste a utilisé l’élan vital et la critique de la raison pour appuyer son exaltation de la race et de la violence. Mais contrairement à Martin Heidegger, qui n’a jamais mis au clair la collusion de sa pensée avec le nazisme, Henri Bergson produit l’antidote en 1932, avec Les Deux Sources de la morale et de la religion. Il y oppose la fausse morale de la société close et repliée sur elle-même, instinct d’exclusion qui mène au nationalisme, à la véritable morale, qui s’étend par principe à toute l’humanité : la morale ouverte est un sentiment de justice universel, qui ne souffre aucune exception. Chaque doctrine et religion est confrontée de l’intérieur à ces deux directions du clos et de l’ouvert, à ces deux orientations possibles dont une seule est proprement morale. Face aux doutes et aux extrémismes de notre temps, nul philosophe contemporain ne propose de garde-fou si net.