Petite morale du turf
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Cet article est issu du numéro 35 de Philosophie magazine « 35 - hiver 2009 », en kiosque le 29 novembre 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Ce que ma mère aimait par-dessus tout, c’était lire : à voir l’impatience heureuse avec laquelle elle attendait chaque année l’arrivée du dernier roman d’Agatha Christie, j’ai appris, sans besoin d’autres incitations éducatives, que la lecture est un plaisir. C’est ma mère qui m’a offert mes premiers livres, qui continuent d’être mes préférés : Chesterton, Verne, Stevenson, Kipling… Mon père était notaire et passait la semaine à travailler dans son étude. Je ne l’avais pour moi que le dimanche, le jour où nous allions ensemble à l’hippodrome. Là-bas, il me racontait des anecdotes sur les cracks du passé et nous discutions de chacune des courses de l’après-midi. Il y a maintenant plus de cinquante ans de cela… C’est de ma famille que j’ai hérité les deux passions de ma vie : la lecture et le turf.