Chine

“Philosophes taoïstes” en Pléiade : un regard renouvelé sur trois œuvres fondatrices

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Le sage taoïste Zhuang Zi (Tchouang-Tseu) rêvant d’un papillon (encre sur papier) par Taiga, Ike no (1723-76), 41 x 55,5 cm, collection privée

Le sage taoïste Zhuang Zi (Tchouang-Tseu) rêvant d’un papillon (encre sur papier) par Taiga, Ike no (1723-76), 41 x 55,5 cm, collection privée. © Christie’s Images/Bridgeman

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À l’occasion de la parution dans la prestigieuse collection La Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard) d’une nouvelle édition des Philosophes taoïstes, Rémi Mathieu, le directeur de recherche au CNRS spécialiste de pensée chinoise qui a traduit et annoté le livre, nous présente les textes des trois grands fondateurs de ce courant, le Lao zi, le Zhuang zi et le Lie zi.


Avec le confucianisme et la tradition bouddhiste, le taoïsme constitue l’une des grandes sagesses historiques de la Chine. La prestigieuse collection La Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard publie une version entièrement nouvelle de ses trois œuvres majeures, rassemblées sous le nom Philosophes taoïstes : le Lao zi, autrement dit le Dàodéjīng (ou Tao-tö-king) attribué à Lao zi (plus connu sous le nom de Lao-Tseu), le Zhuang zi (les œuvres de maître Zhuang, également appelé Tchouang-Tseu) et le Lie zi (celles de Lie Yukou, ou Lie-Tseu). Une première œuvre courte et dense faite d’aphorismes, une deuxième plus théorique et une troisième plus composite qui s’appuie volontiers sur des récits et des contes : trois manières différentes de se familiariser avec le dao (ou tao), c’est-à-dire le « chemin ». Le sinologue et directeur de recherche au CNRS Rémi Mathieu, qui a traduit et annoté l’ensemble, nous présente le fruit de son travail.


Pourquoi une nouvelle édition de ces Philosophes taoïstes ?

Rémi Mathieu : Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, le fait que les traductions de la Pléiade précédentes, qui dataient des années 1960-1980, étaient dans l’ignorance des découvertes archéologiques très importantes qui ont fourni de nouvelles versions au texte de Lao zi mais aussi des informations sur la façon dont il a été écrit et édité. Ensuite, de nombreuses études sont parues en Chine où le taoïsme a refait surface après une période assez sombre, pour des raisons politiques que chacun connaît, qui ont rendu difficile la vie intellectuelle – et qui continuent de peser. D’autres travaux ont été publiés, principalement aux États-Unis mais également en Europe, sur ces auteurs majeurs. Il était donc devenu nécessaire de proposer quelque chose qui rende compte de ce regard renouvelé. C’était aussi l’occasion d’une étude plus critique, avec des index et des notes copieuses qui permettent d’établir des liens entre tous ces auteurs et le Huainan zi qui fera l’objet du second volume des Philosophes taoïstes.

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