Disparition

Mort d'Élisabeth II : la reine, championne taoïste du non-agir ?

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La reine Élisabeth II en mai 2021

La reine Élisabeth II en mai 2021. © Steve Parsons/Pool/AFP

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Décédée hier à 96 ans, à Balmoral, en Écosse, après 70 ans de règne, la reine d’Angleterre aura connu quinze Premiers ministres, traversé le conflit avec l’Irlande du Nord aussi bien que la guerre des Malouines, le Brexit après la mort de Lady Di, tout en préservant l’unité du royaume et la ferveur des Britanniques pour la couronne. Quel était le mystère de cette réserve qui forçait le respect de son peuple et du monde ? À quoi tient le secret de sa longévité ? À un art de gouverner très singulier, tout en retenue, fondé sur l’impassibilité, qu’une école philosophique, venue de Chine et non pas d’Angleterre, le taoïsme, a théorisé sous les traits du « non-agir ». C’est le portrait philosophique d’Élisabeth II que propose notre journaliste Ariane Nicolas, en se basant sur la série The Crown. Ou comment Élisabeth est devenue The Queen.

 

Il y a un mystère chez cette reine qui parvint pendant 70 ans à épouser la couronne sans jamais se dévoiler ni forcer les choses. Pourquoi la reine semble-t-elle si peu agir ? Comment assoit-elle son pouvoir, si elle ne décide de rien ? Constitutionnellement, Queen Élisabeth n’a en effet pas le droit de s’immiscer dans les affaires du gouvernement. L’inaction serait-elle la clé de son succès ? Une référence philosophique venue non pas du Royaume-Uni mais de Chine peut nous aider à comprendre l’intérêt qu’elle trouve à ne pas trop s’activer. Il s’agit du taoïsme, qui fait du « non-agir » la valeur cardinale du souverain. S’il n’est pas certain que la reine Élisabeth ait lu les textes taoïstes, son exercice du pouvoir semble directement s’en inspirer.

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