Pierre-Henri Tavoillot : “L'amour ne suffit plus face à la vieillesse”

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Cet article est issu du numéro 56 de Philosophie magazine « 56 - février 2012 », en kiosque le 20 janvier 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pierre-Henri Tavoillot enseigne à l’université et collabore à Philosophie magazine. Il a conseillé Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’État aux Solidarités et à la Cohésion sociale, sur un chantier de la dépendance.

Les dotations prévues po​​​ur la réforme de la dépendance n’ont pas été inscrites dans le budget 2012. La réforme structurelle que vous souteniez est-elle hypothéquée ?

Pierre-Henri Tavoillot : Le contexte général relègue ces problèmes majeurs de société au second plan. Leur urgence n’est pas comparable. En revanche, la démarche à laquelle j’ai réfléchi avec la secrétaire d’État aux Solidarités et à la Cohésion sociale n’est pas invalidée par le retrait des moyens budgétaires, parce qu’elle est fondée sur un double principe pérenne. D’une part, les problèmes sociétaux sont privilégiés par rapport aux questions financières. D’autre part, la démarche habituellement jacobine de l’État est inversée : une palette de registre d’intervention laisse aux acteurs de terrain la possibilité d’un choix. La génération concernée par la dépendance n’avait ni prévu de vieillir si longtemps, ni considéré combien les solidarités traditionnelles seraient obsolètes. Désormais, chacun intègre que, face à Alzheimer, l’amour ne suffit pas.

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