Au fil d’une idée

Portés disparus

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Portés disparus

Illustration : © StudioPhilo

Cet article est issu du numéro 154 de Philosophie magazine « Ma liberté est-elle négociable ? », en kiosque le 28 octobre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En France, plus de 60 000 personnes, dont 80 % de mineurs, disparaissent chaque année.

 

Parmi les 51 287 signalements de disparitions de mineurs français effectués en 2019, 97 % étaient relatifs à des fugues.

 

1/3 des enfants qui fuguent sont retrouvés au bout de 48 heures. 1/3 le sont dans le mois suivant leur disparition. Enfin, 1/3 des fugues durent plus de 1 mois.

 

Moins de 2 % des cas (soit 918) sont des disparitions de mineurs inquiétantes, dont 266 intentions suicidaires et 652 possibles délits auxquels s’ajoutent entre 2 et 10 cas de disparitions criminelles. 

 

Parmi les 77 022 personnes disparues au Japon en 2020 (soit 9 911 de moins qu’en 2019), 17 565 étaient atteintes de démence sénile. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis 8 ans.

 

Sur le territoire français, on découvre chaque année entre 50 et 100 cadavres non identifiés.

 

Les « recherches dans l’intérêt des familles », qui concernent des adultes disparaissant volontairement pour refaire leur vie, ont été abrogées en 2013.

 

Chaque année, il y aurait autour de 2 500 disparitions volontaires en France.

 

“Notre modernité ne se caractériserait pas seulement par une lutte effrénée pour la reconnaissance et la visibilité, mais tout autant par une lutte souterraine, plus calme mais tout aussi tenace pour l’anonymat et l’invisibilité”

Pierre Zaoui / La Discrétion. Ou l’art de disparaître

 

7 784 « notices jaunes » (relatives à des enlèvements parentaux, criminels ou inexpliqués) ont été diffusées par Interpol, dont 2 554 pour la seule année 2020.

 

Au Japon, on dénombre (au moins) 1,15 million de hikikomori, sortes de reclus volontaires, qui vivent souvent chez leurs parents. 

 

On les distingue des johatsu, « les évaporés », disparus volontaires qui fuient famille, dettes ou emploi insupportables. Pas de chiffres fiables à leur sujet, mais, en 2015, il existait 5 667 agences japonaises de détective (1 millier en France) qui sont partis à leur recherche. Elles facturent leurs enquêtes entre 400 et 2 200 euros selon les cas. 

 

Aux États-Unis, l’« affaire Gabrielle Petito » – du nom de cette jeune « influenceuse » qui n’a plus donné de ses nouvelles sur les réseaux sociaux après un voyage en van avec son fiancé au cours de l’été 2021 – témoigne du « syndrome de la femme blanche disparue », soit l’inégalité de genre et de couleur de peau dans le traitement médiatique des disparitions : en 10 ans, 710 Amérindiens, des femmes pour la plupart, ont disparu dans la région du Wyoming où les restes de Petito ont été retrouvés.

 

Né en 1852, Marvin Clark a disparu en 1926, alors qu’il rendait visite à sa fille pour Halloween. C’est la plus ancienne des « affaires non résolues» (cold cases en anglais) encore actives aux États-Unis.

 

Sources : Le Monde, Assemblée nationale, Le Parisien, Assemblée nationale, Nippon.com, Le Monde, Le Progrès, Le Maine libre, Interpol, Nippon.com, Time, Mamamia, blog de Mary Hallberg.