Pourquoi gribouille-t-on sur des bouts de papier ?
© Séverine Scaglia pour PM
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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Que penser de ces œuvres (d’art) fugaces qui finissent dans nos corbeilles ? Quatre philosophes nous répondent, pour la beauté du geste.
Pour gâcher du papier
Platon (Ve-IVe siècle av. J.-C.)
Pour le Platon du Phèdre, toute inscription, si distincte soit-elle, de l’écriture au dessin en passant par le trait informe, ne parviendra jamais à exprimer l’essence véritable des choses qu’elle entend désigner. Pour cause, « l’écriture est un tombeau » : elle n’est que l’image morte d’une réalité supérieure qui, elle, est vivante et éternelle. Celui qui griffonne serait alors pareil à celui qui « essaie d’écrire ce qu’il sait sur l’eau ». En ce sens, le gribouillis est le prototype même du signe qui ne veut rien dire, qui ne renvoie à rien, qui n’est rien. Résultat ? Papier gâché.