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Pourquoi parlons-nous aux animaux de compagnie ?

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Pourquoi parlons-nous aux animaux de compagnie ?

© Vidar Nordli Mathisen/Unsplash

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« Regarde mon fifils. C’est le parc ! Bravo, gentil chien. » Pourquoi nous obstinons-nous à parler à nos animaux de compagnie, alors qu’ils ne peuvent ni comprendre, ni répondre ? Les pistes de quatre philosophes.


Montaigne : par goût du jeu

Les chiens ne comprennent pas le français, c’est entendu. Mais cela n’exclut pas qu’ils « nous répondent », selon l’auteur des Essais. Dans un passage de l’Apologie de Raimond Sebond (Livre II, 12), Montaigne affirme que parler avec eux n’a rien d’un soliloque. Ce n’est pas comme insulter le coin d’un meuble. On fait plutôt, avec nos animaux, une expérience mutuelle d’altérité. Car s’ils ne comprennent rien à ce qu’on dit, nous serions, nous aussi, bien en peine de les traduire. Ils « peuvent nous estimer bêtes, comme nous les en estimons ». Suivant la sagesse de sa chatte, Montaigne tire de leurs jeux une leçon d’humilité : « Quand je joue à ma chatte, qui sait si elle passe son temps de moi plus que je ne fais d’elle. » Les animaux « nous flattent, nous menacent et nous requièrent », et nous faisons de même dans une sorte de manège où chacun s’exprime d’une manière incompréhensible à l’autre, qui pourtant lui est adressée. En parlant à un animal de compagnie, en le voyant nous répondre, on ravale notre orgueil humain, aussi ahuri devant lui qu’il l’est devant nous. « Nous nous entretenons de nos singeries réciproques. »

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