Analyse
À défaut de faire la fête, parlons-en !
Michaël Fœssel en 2020. © Vincent Muller/Opale via Leemage
À minuit nous enterrerons, sûrement avec un certain soulagement, l’année 2020. Alors que traditionnellement, cette transition d’une année à l’autre est l’occasion d’une fête entre amis ou en famille, ce soir, nous sommes (techniquement…) contraints de rester chez nous de 20h à 6h du matin. Ce nouvel an est le point d’orgue d’une année où sociabilité et fête ont été suspendues par la pandémie. Mais pourquoi avons-nous envie de faire la fête ? Est-ce l’obscurité, la sensation de liberté que nous procure la fête qui nous manquent ? Alors que certains collectifs bravent les restrictions pour organiser des fêtes clandestines, la fête devient un interdit que l’on désire. Mais quelles sont les particularités de la fête par rapport aux autres formes de réunions ? Selon le philosophe Michaël Fœssel, auteur d’un ouvrage sur La Nuit (Autrement, 2017), la fête est d’abord « un usage des corps alternatif à la rentabilité économique ». Retour avec lui sur ce phénomène social mis à mal cette année.