Humeur

Première à droite au fond à gauche

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Cet article est issu du numéro 7 de Philosophie magazine « 7 - mars 2007 », en kiosque le 22 février 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Morale de la responsabilité ou morale de la conviction ? Des deux attitudes possibles en politique, une seule est conséquente. Plaidoyer paradoxal pour la promotion des valeurs « de gauche » par des réformes « de droite ».

La politique a ses règles propres, elle ne saurait être pensée et accomplie sans jugement moral. Max Weber et Raymond Aron ont justement insisté sur deux attitudes possibles : la morale de la conviction, qui ne s’intéresse pas aux conséquences de l’action mais seulement à ses intentions pures, et la morale de la responsabilité, qui cherche à anticiper les conséquences d’une action avant d’arbitrer, parfois dans la douleur, en sa faveur. Cette morale de la responsabilité n’a rien à voir avec le cynisme ou le « réalisme » amoral. Mais elle tient qu’il est immoral de poser au moraliste intègre sans s’interroger sur le bilan prévisible de ses actes. Le philosophe irlandais Philip Pettit, théoricien du « républicanisme », a opposé dans la même veine le fait de vouloir « honorer » une valeur et celui de chercher à la « promouvoir ». Pour lui, seule la dernière attitude est authentiquement responsable. Or la promotion d’une valeur, par exemple la justice, exige parfois d’utiliser des moyens qui, sans être condamnables en soi (comme l’est la torture), sont malgré tout -susceptibles de ne pas l’honorer.

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