Dans le rétroviseur

Printemps arabes, dix ans après : “La Tunisie a donné le ‘la’”

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Tunis, 27 décembre 2010. Des manifestants protestent contre le gouvernement et affirment leur soutien aux habitants de Sidi Bouzid

Tunis, 27 décembre 2010. Des manifestants protestent contre le gouvernement et affirment leur soutien aux habitants de Sidi Bouzid. © Fethi Belaid/AFP

C’était il y a dix ans. Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant plongé dans la misère, s’immolait par le feu à Sidi Bouzid (Tunisie). Ce geste tragique, qui conduira à sa mort deux semaines plus tard, a marqué le début de la révolution tunisienne et, plus généralement, des Printemps arabes, qui verront plusieurs dictateurs quitter leurs fonctions. En Tunisie, Ben Ali quittera le pouvoir le 14 janvier 2011, après environ 25 ans passés à la tête du pouvoir.

En 2012, nous avions rencontré le juriste Yadh Ben Achour, chargé de réécrire la Constitution, ainsi que le philosophe Abdelwahab Meddeb et le professeur de science politique Hamadi Redissi pour commenter les enjeux de cette révolution et les espoirs démocratiques qu’elle suscitait. À propos de Mohamed Bouazizi, Hamadi Redissi indiquait : « Ce jour est un signe moral au sens de Kant : il faut que justice soit faite, quitte à ce que toute la canaille du monde en périsse ! » Quant à Abdelwahab Meddeb, il jugeait que « la Tunisie [avait] donné le ‘la’ » des contestations à venir. En ce jour anniversaire, nous vous proposons de relire ces trois analyses croisées de la « révolution spontanée » tunisienne.

Mohamed Bouazizi, dix ans après