Crise de recrutement

Professeur est-il (encore) “le plus beau métier du monde” ?

Temps de lecture : 3 min

Élèves d'une classe de 10e (l’actuel CE1) autour de leur institutrice à Auxerre (Yonne), en 1905. © Roger-Viollet

Élèves d'une classe de 10e (l’actuel CE1) autour de leur institutrice à Auxerre (Yonne), en 1905. © Roger-Viollet

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Le métier de professeur traverse aujourd’hui une crise profonde. Salaires qui stagnent, déclassement et manque de reconnaissance, conditions d’exercice difficiles, surtout dans les grandes villes : outre les démissions qui augmentent et les cas de professeurs non remplacés malgré le recours de plus en plus fréquent aux contractuels, la crise de vocation se traduit par une baisse frappante du nombre de candidats aux différents concours de recrutement. Cette année, il n’y a par exemple que 816 admissibles aux concours du Capes de mathématiques pour 1 035 postes à pourvoir ! Qui croit encore que la fonction de professeur est « le plus beau métier du monde » ? Retour sur une formule de moins en moins magique.

 

Une formule… magique ?

L’expression « le plus beau métier du monde » fait aujourd’hui partie du langage courant : la périphrase qui désigne le métier de professeur est d’ailleurs surtout devenu un cliché. Mais qui, aujourd’hui, croit encore que ce métier soit si merveilleux ? Certainement pas les plus jeunes qui s’en détournent, sans doute parce qu’ils ont gardé le souvenir frais des conditions dans lesquelles eux-mêmes ont effectué leur scolarité. Comme une formule qui perd son effet magique, l’expression semble presque devenue ironique, voire sarcastique. Mais en a-t-il jamais été autrement, que ce soit dans le film de Gérard Lauzier ou dans l’imaginaire collectif où la référence esthétique à la « beauté » masque de plus en plus difficilement la réalité d’un travail difficile ?

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