Quand Dieu fait trembler le compas

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Quand Dieu fait trembler le compas

Une représentation du monde reflétant le corps du Christ. Carte réalisée au monastère d'Ebstorf, en Basse-Saxe (cc) Wikimedia Commons / Flickr

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Cet article est issu du numéro 77 de Philosophie magazine « 77 - Mars 2014 », en kiosque le 20 février 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Marchand, voyageur et géographe originaire d’Alexandrie, Cosmas vécut au VIe siècle ap. J.-C. Nous savons que ses pérégrinations le menèrent en mer Rouge, et peut-être jusqu’au Sri Lanka. Il fut aussi moine au mont Sinaï. Il est l’auteur d’un traité appelé Topographie chrétienne, lequel contient une hypothèse tout à fait insolite pour nous autres : selon Cosmas, le monde ressemble à un tabernacle, c’est-à-dire à un coffre. Cela donne ce dessin pour le moins déroutant (voir figure 2). Au fond du coffre se situe ce que les Grecs appelaient l’œkoumène, c’est-à-dire le monde connu et habité par les humains. Cet œkoumène est posé sur l’eau, sur l’apeiron, comme c’était le cas chez Ératosthène. Il est aussi tendu vers le ciel, sous la forme d’une immense montagne. Mais le plus intéressant, dans cette représentation, est évidemment le firmament, qui n’est autre que le couvercle du coffre. Le Dieu chrétien aurait ainsi bâti sa Création comme un coffre à trésor…

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