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Ouvrons la perspective

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Ouvrons la perspective

© Bertrand Gaudillère/item pour la Villa Gillet

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Cet article est issu du numéro 77 de Philosophie magazine « 77 - Mars 2014 », en kiosque le 20 février 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’art de la cartographie, vu par le professeur émérite de géographie Gunnar Olsson. À force de scruter des cartes, ce géographe suédois a forgé une nouvelle vision du monde…

 

Qu’est-ce qu’une carte ?

« Pour réaliser une carte, vous avez besoin de trois éléments : d’un point fixe (l’Est dans les mappa mundi médiévales, le Nord aujourd’hui) ; d’une échelle, c’est-à-dire d’une convention qui permet de passer du phénomène que vous observez à sa représentation ; et, enfin, d’un support, qui peut être un plan en deux dimensions, ou bien une sphère, ou prendre toute autre forme, l’essentiel étant que ce support vous oppose une résistance, et donc qu’il vienne matérialiser le phénomène que vous voulez cartographier. C’est ainsi que la carte reconstruit la réalité, et s’y substitue.

Il en découle que vous pouvez, à partir d’un même phénomène, construire beaucoup de cartes différentes. Il existe ainsi d’innombrables cartes du ciel étoilé, du monde, ou encore d’un pays comme la France. Par ailleurs, les cartes font implicitement le lien entre le passé et l’avenir. Une carte fait le point sur une somme de connaissances que nous avons accumulées, donc sur le passé. Et cette somme va servir à agir, à se faire un chemin dans le monde, donc elle projette l’action humaine dans l’avenir.

« Les cartes font implicitement le lien entre passé et avenir » Gunnar Olsson
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