Questionnaire de Socrate
Raphaël Pichon. Contre temps
Le musicien et chef d’orchestre Raphaël Pichon. © Piergab
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Cet article est issu du numéro 161 de Philosophie magazine « Peut-on être lucide et heureux ? », en kiosque le 07 juillet 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Si Raphaël Pichon confie être un « grand impatient », il aime parfois prendre son temps. En témoigne la parution en mars dernier de son enregistrement de la Passion selon Saint Matthieu (3 CD, Harmonia Mundi) de Bach. Depuis qu’il a fondé en 2006 son ensemble de musique baroque Pygmalion, associant un chœur et un orchestre, le jeune chef s’est attaqué aux messes et aux motets du cantor de Leipzig, sans oser immédiatement graver dans le marbre le monument de la Passion. Soulagé ? Pas le temps : il pense déjà à la suite, soit Idomeneo, re di Creta, opéra de Mozart qu’il dirige entre les 6 et 22 juillet, dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence.
Une rencontre déterminante dans votre parcours ?
Celle du chant quand j’avais 8 ans. Cette émotion de la première fois, on a envie de la revivre inlassablement.
Adolescent, vous aviez un héros ?
J’en avais plusieurs ! Zinédine Zidane et Nikolaus Harnoncourt notamment. Avec ce dernier, j’ai compris que la musique était reliée à tous les espaces – mystique, spirituel, intérieur, à la nuit, au jour, au corps aussi. La musique a ceci de fascinant qu’elle est une signature humaine, avec tout ce que cela comporte d’infini. Je n’ai jamais rencontré Harnoncourt, et c’est l’un des grands regrets de ma vie. Mais je peux encore tenter le coup avec Zidane.