Analyse

Quand la polémique écrase la nuance

Temps de lecture : 2 min

Quand la polémique écrase la nuance

© iStockphoto

« Y'a vraiment des bas de plafond sur ce réseau, et tu en es un magnifique spécimen », « Bourgeoisie inutile », « Honte à tous ces pseudos comédiens qui ne disent que de la merde », « Si tu veux lécher des pompes, fais-le en silence stp », « C’est pour ça que Jean Dujardin t'a quittée », « Il faut parfois savoir se taire »… Vous en voulez encore ? Il suffit, pour cela, de faire défiler les commentaires sous un Tweet publié il y a quelques jours par l’actrice Alexandra Lamy. Elle y comparait les violences subies par Michel Zecler à celles qui ont émaillé la manifestation contre la loi « sécurité globale » de samedi : « Ce que vit la police aujourd’hui est tout aussi abject que ce qu’a subi Michel. Honte à ces casseurs qui profitent de toutes manifestations pour détruire des magasins déjà en souffrance, qui viennent casser du flic, ils ne font que nous diviser et créer des amalgames. » 

Polémique assurée, pour qui connaît un tant soit peu le fonctionnement des réseaux sociaux. Peut-on même encore parler de polémique, étant donné la teneur des réactions ? Le débat sur les réseaux sociaux s’apparente, la plupart du temps, à une guerre sans merci, à un affrontement sans ambiguïté, à une lutte frontale où les adversaires n’ont plus rien à échanger que des insultes. Peut-être faudrait-il retrouver un sens de la polémique plus proche de ce qu’Héraclite nommait polemos – le conflit des contraires qui, loin de s’exclure radicalement, appartiennent mutuellement l’un à l’autre. 

Une conception nuancée, en somme, du conflit, à laquelle nous essayons, dans notre nouveau numéro qui sort aujourd’hui chez votre marchand de journaux, de faire droit. Pas facile, dans une époque à fleur de peau. 

Plaidoyer pour la nuance
Les concepts liés à cet article

Délibération