Géopolitique

À qui appartient le Groenland ?

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À qui appartient le Groenland ?

Donald Trump Junior arrive à Nuuk, au Groenland, le 7 janvier 2025. Le Groenland est un territoire danois autonome qui espère être un jour indépendant mais reste pour l'instant dépendant de Copenhague. © Emil Stach / Ritzau Scanpix / AFP

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Donald Trump a récemment évoqué l’annexion par les États-Unis du Groenland, qui appartient au Danemark mais est de plus en plus autonome. En découvrant l’histoire de ce territoire, on voit qu’il mêle des populations venues des deux continents. L’indépendance pourrait-elle être la solution ? Explications. 


« Make Greenland Great Again » – « rendre au Groenland sa grandeur ». La formule tourne sur les réseaux sociaux depuis que le futur président américain Donald Trump a lancé l’idée d’une annexion par les États-Unis du Groenland, immense île arctique et pays constitutif du Danemark. Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis manifeste un intérêt pour le territoire arctique. Des propositions d'achat on été émises en 1867, 1910, 1946 ou encore 1955. Mais le sujet revient aujourd'hui sur le devant de la scène. Pour asseoir cette idée impérialiste, Trump a même envoyé son fils, Donald Trump Jr. à Nuuk, la capitale. Ce n’est pas le seul projet de ce genre évoqué par Trump, qui ambitionne de mettre la main sur le canal de Panama et d’intégrer le Canada aux États-Unis comme cinquante et unième État de l’union. Quelques jours avant son arrivée à la présidence, Trump fait trembler le monde.

La proposition a – on peut le comprendre – été froidement reçue par les Danois. « Le Groenland n’est pas à vendre », a répliqué la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen. Mais, si l’idée d’annexion est évidemment inacceptable au regard du droit international, elle joue sur un trouble géographique réel. Est-il bien logique que cette immense île polaire soit la dépendance d’un petit pays européen dont elle est séparée par des milliers de kilomètres d’océan ? Au XVIIIe siècle déjà, dans son Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, le penseur français Guillaume Thomas François Raynal évoquait ce « pays vaste et stérile, que la nature condamne aux glaces éternelles », et « qu’on a de fortes raisons de rattacher au continent de l’Amérique ». Le Groenland n’est en effet séparé de l’Amérique du Nord que par une petite mer (la mer de Baffin), et non pas l’étendue atlantique. L’île est, du reste, située sur la plaque tectonique nord-américaine, tout comme la moitié occidentale de l’Islande. La géographie physique semble jouer en faveur de Trump. 

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