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Qui est Nayib Bukele, le “philosophe-roi” du Salvador ?

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Qui est Nayib Bukele, le “philosophe-roi” du Salvador ?

Le président salvadorien Nayib Bukele dans la capitale du Salvador, San Salvador, le 4 février 2024. © Alex Peña/Getty Images/ AFP

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Réélu triomphalement le mois dernier, le jeune président du Salvador jouit d’une popularité exceptionnelle en dépit de son autoritarisme grandissant. Il faut dire que celui qui mène une guerre sans relâche contre des gangs jusqu’alors tout-puissants semble avoir réussi son pari, en faisant chuter la criminalité de façon spectaculaire… Qui est donc cet autoproclamé “dictateur cool” et “philosophe-roi” dont la politique commence à faire des émules dans la région ? 


 

84,7%. C’est le score démentiel qu’a réalisé Nayib Bukele aux élections présidentielles salvadoriennes du mois dernier. Au pouvoir depuis 2019, le charismatique quadragénaire jouit dans ce petit pays d’une popularité exceptionnelle et grandissante. Comment expliquer un tel plébiscite ?

Un spectaculaire coup d’arrêt

Bukele s’est rapidement attiré les faveurs du peuple en menant une politique de lutte contre la criminalité. Dans ce pays d’Amérique centrale de 6,5 millions d’habitants, l’homme au look de start-upper semble avoir rapidement réussi quelque chose qui paraissait jusqu’alors impossible : affaiblir le pouvoir des maras, ces gangs tout-puissants dont la violence extrême avait fait du Salvador le pays le plus dangereux du monde. Depuis son arrivée au pouvoir et la mise en œuvre de sa politique ultra-répressive, les chiffres des homicides ont drastiquement chuté, passant de 6 600 en 2015 à seulement 154 en 2023. Les choses se sont surtout concrétisées à partir de la fin mars 2022, avec la mise en place d’un état d’urgence en réponse à trois jours particulièrement sanglants au cours desquels 87 personnes avaient été assassinées par les maras. Toujours en vigueur aujourd’hui et largement soutenu par la population, ce régime d’exception permet à la police de perquisitionner et d’interpeller des individus sans mandat sur la base de simples soupçons. Depuis lors, plus de 75 000 Salvadoriens ont été arrêtés, soit environ 2% de la population totale. Assumant son tournant autoritaire, le président communique régulièrement sur ces arrestations massives, vantant notamment son projet de « Centre de confinement du terrorisme », une immense prison de plus de 40 000 places inaugurée en grande pompe en février 2023. Sa politique fait des émules chez les voisins honduriens, guatémaltèques, nicaraguayens, et jusqu’en Équateur ou en Argentine, où l’on en appelle à la « bukélisation » de la politique face à une délinquance en hausse…

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