L'écho de l'actualité

Radar. Décembre 2011

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Cet article est issu du numéro 55 de Philosophie magazine « 55 - hiver 2011 », en kiosque le 24 novembre 2011. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Proche-Orient

8 novembre/ Israël menace l’Iran d’une intervention militaire.

La logique implacable de la dissuasion nucléaire a été décrite par Michael Walzer : « Tout État confronté à un adversaire possédant l’arme nucléaire et capable de se doter de sa propre bombe, écrit le philosophe américain, le fera probablement, cherchant ainsi la sécurité dans l’équilibre de la terreur. » Preuve en est le récent bras de fer entre Israël et l’Iran. Le président de la République, Shimon Pérès, a subitement fait monter la pression, déclarant que « la possibilité d’une attaque militaire contre l’Iran était plus proche que l’option diplomatique ». Les Israéliens sont convaincus que l’Iran essaie de se procurer l’arme atomique, mais qu’il sera bientôt trop tard pour qu’une intervention puisse détruire leurs installations, enterrées sous les montagnes. De leur côté, les Iraniens ont répliqué par la voix de leur président, Mahmoud Ahmadinejad : « Nous avons des capacités militaires différentes de tous les autres pays de la région et sommes capables de tenir tête à Israël et aux États-Unis. L’Iran ne permettra aucune action [militaire] à son encontre. »

«Le tragique de ce conflit, c'est qu'il ne pourrait trouver son “équilibre” qu'au prix d'une terreur redoublée pour les populations»

Quelques jours plus tard, l’Agence internationale de l’énergie atomique tirait la sonnette d’alarme, affirmant « avoir de sérieuses inquiétudes concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien ». À la suite de quoi les Israéliens calmaient le jeu, la fermeté de ce rapport leur apparaissant comme le signe que la communauté internationale était décidée à adopter des sanctions plus contraignantes. Ainsi, on annonce une intervention pour qu’elle n’ait pas lieu… En réalité, le duel qui oppose Israël et l’Iran sur la bombe atomique s’éclaire si l’on revient sur l’implacable « logique » pointée par Walzer. Position israélienne : nous pouvons vous anéantir, mais nous ne le ferons pas. Position iranienne : nous voulons vous anéantir, mais nous n’en avons pas encore les moyens. Le tragique de ce conflit, c’est qu’il ne pourrait trouver son « équilibre » qu’au prix d’une terreur redoublée pour les populations…

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